Philippe De Riemaecker

Philippe De RiemaeckerNé à Namur, Belgique en 1955, bercé et probablement influencé par les années d’après-guerre, je me suis longtemps demandé ce que je venais faire dans ce monde. On voulait que je devienne adulte, j’aspirais à devenir un héros de bande dessinée. Je n’ai pas réussi à répondre aux aspirations de mes parents, je n’ai pas non plus réussi à me glisser dans la peau de Spirou, le petit, celui que je préfère.

Pourtant, au cœur de ce tumulte, je m’aperçois que l’écriture m’accompagne discrètement. Je noircis des cahiers de mots qui semblent résonner comme le ferait une chanson française. Je songeais variété, mes profs décidèrent que c’était de la poésie.  Peut-être, mais pas comme on pourrait l’entendre.  J’avais dans les oreilles les chansons de Brel, Brassens, Léo Ferré… J’adorais écouter “Don Quichotte” quand d’une voix tremblante il offrait ces mots immortels : “Aimer, comme une déchirure, aimer même trop, même mal…” et même si c’était de l’orgueil, j’aspirais à jongler de la sorte avec les mots.  Offrir tant d’images, en quelques phrases toutes simples.  J’ai essayé, y suis-je parvenu ? Il fallait bien manger, nourrir sa famille, être père responsable.  Je me suis dirigé vers l’informatique et plus précisément les télécommunications à l’ère de ses balbutiements.  La chance de vivre une grande aventure, la malchance de voir le monde évoluer. Malchance ? C’est ce que disent les pionniers en apercevant les premières automobiles.  À quoi bon être un expert si l’expérience n’a plus raison d’être ? Alors je me suis tourné vers le théâtre.  Humblement, juste deux textes qui ne laisseront que peux de traces.  Étrange comme les choses se remettent en place.  Mes écrits reprennent le chemin de la chanson française, rien d’immortel, pas de “Tube“, mais l’occasion de fréquenter quelques compositeurs sympas.  La vie s’écoule, mes poésies vivent leur vie, je ne sais plus comment approcher les pages, car je redoute la redondance.  Un matin, quelques mots me viennent à l’esprit.  Je les couche sur le papier et, sans aucune raison, les phrases s’enchaînent les unes aux autres.  Un roman voit le jour, je le cache un peu, le temps de le relire “à froid”, corriger quelques trucs et oser l’envoyer chez l’un ou l’autre éditeur. “Quand les singes se prennent pour des dieux” est publié, j’ai la trouille.  Timidement les gens s’en emparent.  Mai 2014, coup de théâtre, le Salon du livre de Mazamet couronne ce roman par le prix de la ville. Monsieur Sabarthes me remet le prix.  Michel deviendra, au fil du temps, un ami précieux.  Je lui dois tout.

J’aime écrire, je sais que l’écriture me colle à la peau et c’est tant mieux.  J’écris lentement, je n’aime pas la précipitation et même si cela peut paraître orgueilleux, je sais que si je suis étonné par mon écriture, d’autres le seront peut-être.

Souvenez-vous, en 2014 on parlait déjà de l’immigration.  L’Italie lançait des appels à l’aide en direction des pays européens et pourtant, l’Europe ne répondait pas où, si peu.  Je me suis demandé ce que pouvait signifier être réfugié. J’ai donc rédigé “Tant de silence” et, aimant la diversité, j’y ai ajouté deux autres sujets : La gériatrie et la vie d’un couvent au cœur du Brabant Wallon (Belgique).

Suis-je un auteur engagé ?  On le prétend, je n’en suis pas certain.  Je ne monte pas sur les barricades, je n’hurle pas à la moindre flatulence, mais oui, j’ose écrire pour témoigner quand le témoignage s’impose.  Rien de bien méchant, être témoin c’est relater les choses, pas s’en emparer, ce ne serait pas honnête.

J’aime l’humain quand il se montre tolérant, j’aime les esprits qui osent prendre du recul, ceux qui refusent les cris de la meute.  J’aime le dialogue et le respect.  J’aime aimer et être aimé et cependant, si simple et compliqué, tout à la fois.  Faire son possible, le début de la sagesse, peut-être, peut-être pas, mais vivre, vivre, vivre libre ! Une conquête de chaque instant, mais pas au détriment des autres.  Je vous l’ai dit, ce n’est jamais facile.

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  • Tant de Silences..!

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